Open banking : ce que les API bancaires changent pour vous
Derrière le mot « API », une idée simple : votre banque n’est plus seule à pouvoir agir sur votre compte. Avec votre accord, des services agréés peuvent lire vos comptes ou déclencher un paiement. C’est l’open banking, et il a été rendu obligatoire en Europe par la directive DSP2.
Deux services, un cadre
L’open banking s’appuie sur deux types d’interfaces standardisées :
- AIS — agrégation de comptes : un service qui, avec votre consentement, affiche tous vos comptes (plusieurs banques) au même endroit. C’est le moteur des applications de gestion de budget ;
- PIS — initiation de paiement : un service qui déclenche un virement depuis votre compte à votre demande, sans carte — de plus en plus utilisé pour payer un e-commerçant directement.
Deux garde-fous encadrent le tout : votre consentement explicite et l’authentification forte à chaque accès. Et une interdiction claire : le screen scraping (un tiers qui se connecte à votre place avec vos identifiants) est prohibé — tout passe par des API sécurisées.
Ce que ça vous apporte concrètement
- une vue unique de comptes dispersés (banque classique + compte sans banque + épargne) ;
- des paiements par virement instantané chez les marchands, souvent moins coûteux pour eux et rapides pour vous ;
- des services de pilotage de budget qui catégorisent les dépenses ;
- une portabilité accrue : changer d’outil sans changer de banque.
Le cap suivant : la DSP3
L’open banking entre dans une nouvelle étape. La DSP3, accompagnée du règlement sur les services de paiement (PSR), doit s’appliquer autour de 2026-2027. Objectifs affichés : standardiser davantage les API (moins de divergences d’une banque à l’autre), renforcer les droits des consommateurs et mieux répartir la responsabilité en cas de fraude au virement entre banque émettrice et banque réceptrice.
Et la sécurité de vos données ?
Un service d’agrégation n’accède qu’à ce que vous autorisez, pour une durée limitée, et vous pouvez révoquer le consentement à tout moment. Vérifiez tout de même qu’un agrégateur est bien agréé (statut d’établissement de paiement ou équivalent) avant de lui connecter vos comptes — c’est la même exigence de sérieux que pour choisir un compte sans banque. L’open banking est une brique de plus de la fintech, pas une zone de non-droit.