Comptes sans banque, cartes prépayées et néobanques
Le chèque en France : 2,3 pour cent des paiements scripturaux en 2024, un nombre de chèques en baisse de 12,4 pour cent et des montants en baisse de 17 pour cent sur un an Compte sans banque

Le compte sans chéquier est devenu la norme : le chèque à 2,3 % des paiements

En 2017, cet article présentait le « compte sans chéquier » comme la prochaine escale de la modernité bancaire, en citant une banque américaine qui venait de supprimer le chéquier de son offre d’entrée. Neuf ans plus tard, la destination est atteinte — en France aussi. Cet article a été refait sur les chiffres de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement.

Le chèque, mesuré : une espèce en voie de disparition

Selon l’Observatoire de la Banque de France, le chèque ne représentait plus que 2,3 % des transactions scripturales (tout ce qui n’est pas espèces) en 2024. La chute est rapide : entre le premier semestre 2023 et le premier semestre 2024, le nombre de chèques émis a reculé de 12,4 % et les montants de 17 %, pendant que les virements instantanés bondissaient.

L’administration suit le mouvement : depuis mars 2026, les entreprises doivent régler leurs impôts par des moyens dématérialisés — le chèque n’y a plus cours — et l’extension aux particuliers est évoquée pour 2027, sans calendrier officiel à ce jour.

Pourquoi l’article de 2017 avait raison — et sur quoi

La version d’origine avançait deux arguments qui se sont confirmés :

  1. le chéquier coûte cher aux clients fragiles : rejet de chèque, frais d’incident, découvert — le chèque est le moyen de paiement le plus exposé aux frais d’incidents, aujourd’hui plafonnés mais toujours réels (voir les commissions d’intervention) ;
  2. le chèque est l’outil favori de certaines fraudes — faux chèques, chèques volés, « trop-perçu à rembourser » : l’Observatoire le classe durablement parmi les moyens de paiement les plus fraudés en proportion.

Ce qu’elle ne pouvait pas prévoir : le remplaçant n’a pas été le compte sans banque seul, mais le virement instantané, gratuit et obligatoire dans toute l’Union depuis janvier 2025, qui a pris au chèque son dernier usage réel — le paiement entre particuliers et aux petits professionnels.

Le compte sans chéquier, aujourd’hui, c’est presque tous les comptes

Le paysage de 2026 :

  • les comptes de paiement (Nickel, comptes prépayés, néobanques) n’ont jamais eu de chéquier — c’est le principe même du compte sans banque ;
  • les offres d’entrée des banques s’en passent aussi : Eko au Crédit Agricole, Hello One chez Hello bank! — des comptes complets, sans chéquier ni découvert (voir nos fiches Eko et Hello bank!) ;
  • le chéquier subsiste dans les formules classiques, où il reste utile pour une poignée de cas : certaines cautions, certains professionnels ou associations non équipés — des cas qui se raréfient chaque année.

Ce qu’il faut retenir

La question de 2017 — « pourquoi le chéquier existe-t-il encore ? » — a trouvé sa réponse par l’usage : il existe encore, mais presque plus personne ne s’en sert. Si votre banque vous facture un chéquier ou des frais liés à des incidents de chèque, la comparaison avec un compte sans chéquier est vite faite — notre comparatif des frais bancaires et le comparatif des comptes sans banque donnent les repères.


Sources : Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (Banque de France), rapports 2024 et 2025 — part du chèque à 2,3 % des transactions scripturales en 2024, recul de 12,4 % du nombre de chèques et de 17 % des montants entre le S1 2023 et le S1 2024 — Banque de France, VeraCash, Boursorama ; dématérialisation obligatoire des paiements d’impôts des entreprises depuis mars 2026 et extension envisagée aux particuliers — Économie Matin, Le Tribunal du Net ; virement instantané gratuit depuis janvier 2025 (journal du site, lot 2). Consultées le 23 août 2026.