Comptes sans banque, cartes prépayées et néobanques
Crypto

Carte Cryptopay : l'état réel de l'offre

Cette fiche décrivait en 2018 la carte Cryptopay avec les chiffres de l’époque — 300 000 utilisateurs, 1 € par mois, plafonds français à 1 000 €. Elle a été refaite : le produit existe toujours et reste disponible en France, mais tout le reste a changé, y compris — c’est le point le plus important — le paysage réglementaire dans lequel il s’inscrit.

Ce qu’est la carte Cryptopay aujourd’hui

Cryptopay, l’un des plus anciens acteurs du créneau (origines en 2013), propose un portefeuille de crypto-actifs auquel est adossée une carte prépayée Visa, utilisable en magasin, en ligne et aux distributeurs. Le principe est celui de toutes les cartes crypto : au moment du paiement, les actifs sont convertis en euros, et la transaction circule ensuite sur le réseau Visa comme n’importe quel paiement.

Deux couches distinctes font fonctionner le produit, et elles ne relèvent pas du même régime :

  • la carte et les euros : émise dans l’Union européenne par DiPocket UAB, établissement de monnaie électronique agréé et supervisé par la Banque de Lituanie (licence n° 75, 2020). Les fonds en euros sont cantonnés sur des comptes séparés — mais ils ne relèvent pas de la garantie des dépôts bancaires ;
  • les services crypto (portefeuille, conversion) : fournis pour les clients de l’Espace économique européen par CPS Solutions OÜ, société estonienne.

Les frais et plafonds actuels dépendent de la grille en vigueur : la grille officielle cryptopay.me fait foi — les chiffres de 2018 que cette page citait n’ont plus cours.

Le point de vigilance : l’agrément MiCA

Depuis le règlement européen MiCA, tout prestataire de services sur crypto-actifs servant des clients européens doit être agréé (statut CASP) ; la période de transition s’est achevée le 1er juillet 2026.

À la date de mise à jour de cette fiche (18 août 2026), nous n’avons pas trouvé d’agrément CASP au nom de Cryptopay ou de ses entités opérantes dans les registres publics consultés. L’absence d’une entité dans un registre n’est pas la preuve d’une infraction — les registres évoluent, et un dossier peut être en cours. Mais le contexte récent invite à la prudence : Binance a cessé ses services sur crypto-actifs en France au 1er juillet 2026, faute d’agrément MiCA, et Wirex a coupé les fonctions crypto de son application européenne la veille.

Le réflexe avant de souscrire — ou de continuer à utiliser le service : vérifier soi-même le statut du prestataire sur les registres officiels (AMF, registre MiCA de l’ESMA), et ne pas laisser de sommes importantes sur un service dont le statut n’est pas établi.

Un précédent illustre ce que « couche technique » veut dire pour l’utilisateur : en juin 2023, l’ancien émetteur des cartes Cryptopay dans l’Union (PayrNet) a perdu sa licence d’établissement de monnaie électronique, et Cryptopay a dû migrer ses cartes vers l’émetteur actuel. Les fonds ont été préservés, mais l’épisode rappelle qu’une carte crypto repose sur une chaîne d’intermédiaires dont chaque maillon peut céder.

Ce qu’il faut aussi avoir en tête

  • La fiscalité : payer avec une carte crypto, c’est céder des actifs numériques — un fait générateur d’imposition (31,4 % au-delà de 305 € de cessions annuelles, depuis le 1er janvier 2026). Le détail est dans notre article carte de débit crypto et MiCA ;
  • ce n’est pas un compte : pas d’IBAN pour domicilier un salaire — pour ce besoin, voir le comparatif des comptes sans banque.

Sources : disponibilité de la carte en France et en Europe (recenseurs spécialisés, données de frais vérifiées en mars 2026) ; émission des cartes UE par DiPocket UAB, EMI agréé par la Banque de Lituanie (licence n° 75), fonds cantonnés hors garantie des dépôts, et fourniture des services EEE par CPS Solutions OÜ (conditions et politique de protection Cryptopay) ; retrait de la licence de PayrNet par la Banque de Lituanie en juin 2023 ; recherche d’agrément CASP menée le 18 août 2026 sur les listes publiques (le registre ESMA n’étant pas interrogeable automatiquement, recoupement par les pages légales de l’opérateur et les listes consolidées) — aucun agrément trouvé à cette date ; fin de la transition MiCA au 1er juillet 2026 et retrait de Binance France (journal du site, lot 6b). Consultées le 18 août 2026.