Comptes sans banque, cartes prépayées et néobanques
Table d'échecs en bois vue de côté avec les pièces en début de partie, arrière-plan de bureau flou, lumière latérale Paiement & banque

Fintechs et grands groupes bancaires : qui a gagné ?

En 2017, cet article ironisait sur les banques qui, après avoir méprisé les fintechs, s’affichaient soudain en « championnes de la révolution digitale » à coups d’incubateurs et de concours. Neuf ans plus tard, on peut solder les comptes. Cet article a été refait pour répondre à sa propre question : la hache de guerre a-t-elle été enterrée — et au profit de qui ?

Le verdict, camp par camp

Ce que les banques ont gagné. L’essentiel : elles sont toujours là, et elles ont capté une grande partie de l’innovation en l’achetant (Nickel chez BNP Paribas, Anytime au Crédit Coopératif) ou en la répliquant (Eko, BforBank relancée, Hello bank!). Les incubateurs de 2017 ont disparu des communiqués ; les acquisitions et les produits, eux, sont restés.

Ce que les fintechs ont gagné. Les survivantes ont obtenu ce qui leur manquait en 2017 : la crédibilité réglementaire. Revolut — bénéfice record en 2025, plus de 68 millions de clients — a décroché le 10 août 2026 sa licence bancaire française. N26 est une banque allemande de plein exercice. Starling enchaîne cinq exercices rentables. Celles-là ne sont plus des « jeunes pousses » : ce sont des banques, avec les contraintes du statut.

Ce que les deux ont perdu. La relation client exclusive : les portefeuilles mobiles des plateformes américaines se sont installés entre le client et son compte — le vrai vainqueur silencieux de la décennie, que les banques européennes tentent aujourd’hui de contester avec Wero.

Ce que l’article de 2017 avait bien vu

La version d’origine décrivait le mécanisme d’une collaboration saine : commencer petit, apprendre les cycles courts, laisser l’agilité infuser. C’est à peu près ce qui s’est produit — mais par la démographie plus que par la pédagogie : les équipes des fintechs rachetées ont peuplé les banques, et les pratiques ont suivi les personnes.

Elle pointait aussi le risque de « communication biaisée ». Là encore, confirmé : la transformation réelle s’est mesurée aux produits lancés (et maintenus), pas aux forums. Une grille de lecture qui reste valable pour trier les annonces d’aujourd’hui sur l’IA — voir la banque pilotée par les données.

Pourquoi la frontière a disparu

Trois forces ont fusionné les deux camps :

  1. la réglementation (DSP2 hier, MiCA et bientôt la DSP3) a élevé le ticket d’entrée au niveau des bilans bancaires ;
  2. les taux d’intérêt ont rendu la rentabilité obligatoire — la croissance à perte des années 2015-2021 n’était plus finançable ;
  3. la banalisation technique : l’application soignée, argument différenciant de 2017, est devenue un standard que tout le monde atteint.

L’essentiel pour vous

Le lecteur n’a plus à choisir un camp : il choisit une offre, avec les mêmes critères partout — agrément, garantie des fonds, grille tarifaire, usage réel. C’est la méthode de notre comparatif des comptes sans banque et du comparatif des tarifs de cartes.


Sources : consolidation du secteur (Nickel/BNP Paribas 2017, Anytime/ Crédit Coopératif début 2026, relance BforBank, Eko — journal du site, lots 1 et 6c) ; licence bancaire française de Revolut du 10 août 2026, bénéfice 2025 et base clients — ABC Bourse, France Transactions, Euronews ; cinq exercices consécutifs de rentabilité de Starling (exercice clos mars 2026) — communiqué Starling ; cadre réglementaire DSP2/MiCA/DSP3 (journal du site, lots 3 et 6b ; accord DSP3-PSR d’avril 2026, voir notre article banque ouverte). Consultées le 20 août 2026.