Comptes sans banque, cartes prépayées et néobanques
Smartphone à l'écran éteint appuyé contre un sac de courses en papier kraft sur une table en bois, lumière douce Fintechs

Huguette, le crédit conso par mobile : que reste-t-il huit ans après ?

En 2017, cet article présentait Huguette, l’application de Natixis Financement qui aidait les clients des Banques Populaires et Caisses d’Épargne à choisir un financement sur mobile, adossé au crédit renouvelable Izicarte. Une « grand-mère virtuelle » rassurante, pour des achats de 100 à 3 000 € payés en 4, 10 ou 18 mois. Huit ans plus tard, deux choses à dire : l’application a disparu des radars, et son sujet n’a jamais été aussi brûlant. Cet article a été refait.

Que devient Huguette ?

À la date de mise à jour de cet article, nous n’avons trouvé aucune trace d’Huguette dans l’offre actuelle du groupe BPCE ni dans les catalogues d’applications : les seules mentions disponibles datent de son lancement en 2017. Nous ne pouvons pas dater sa disparition ; nous constatons seulement qu’elle ne fait plus partie du paysage. Le crédit renouvelable qu’elle servait — Izicarte — reste, lui, distribué dans les réseaux du groupe.

Le sort d’Huguette est celui de beaucoup d’applications « satellites » de 2016-2018 : la fonction a été absorbée par les applications bancaires principales, qui proposent désormais le crédit ou le paiement fractionné à même le parcours d’achat, sans mascotte.

Le sujet, lui, a explosé : le « payer en plusieurs fois »

Ce qu’Huguette proposait — décider en quelques secondes, sur mobile, de payer un achat en plusieurs fois — est devenu un marché de masse : le paiement fractionné (BNPL) en 3 ou 4 fois, à la caisse ou en ligne, devrait atteindre environ 11,8 milliards d’euros en France fin 2026, contre 8 milliards en 2023. Avec un angle mort : jusqu’ici, ce « crédit qui ne dit pas son nom », quand il est gratuit ou inférieur à trois mois, échappe largement aux règles du crédit à la consommation.

Ce qui change le 20 novembre 2026 : la directive CCD2

C’est le fait nouveau. La directive européenne CCD2 (2023/2225), transposée en France par l’ordonnance du 3 septembre 2025, s’applique à partir du 20 novembre 2026. Elle fait entrer dans le crédit à la consommation :

  • le paiement fractionné, même sans frais et même sur moins de trois mois ;
  • les mini-crédits et la location avec option d’achat.

Concrètement : information précontractuelle, vérification de la solvabilité, droit de rétractation et encadrement de la publicité s’appliqueront à ces offres. L’objectif affiché est la lutte contre le surendettement — le « payer en 4 fois » répété d’un site à l’autre étant devenu une porte d’entrée classique dans la spirale des petites dettes.

Ce qu’il faut en retenir, côté lecteur

  1. Un paiement en plusieurs fois est un crédit, que la loi le dise déjà ou seulement à partir de novembre 2026 — le cumul de plusieurs « 4 fois » sur un même mois peut dépasser ce que vous absorbez ;
  2. le crédit renouvelable reste le plus cher des crédits — le mécanisme est expliqué dans notre article sur la carte Fnac et son crédit renouvelable ;
  3. un compte sans banque est, par construction, à l’abri de ces mécanismes : pas de crédit, pas de découvert — on dépense ce que l’on a. Pour certains lecteurs, c’est précisément l’argument.

Sources : lancement d’Huguette par Natixis Financement (Pricebank, MoneyVox, 2017 — les seules mentions publiques trouvées au 23/08/2026 ; aucune trace dans l’offre actuelle) ; directive (UE) 2023/2225 (CCD2), ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025, application au 20 novembre 2026, intégration du paiement fractionné, des mini-crédits et de la LOA — EXE Conseil, Infonet, InFinance ; marché du paiement fractionné d’environ 11,8 Md€ fin 2026 contre 8 Md€ en 2023 (Xerfi, cité par EXE Conseil). Consultées le 23 août 2026.