Comptes sans banque, cartes prépayées et néobanques
Petite plante en pot sur un rebord de fenêtre à côté d'un carnet, façades de briques londoniennes floues à l'extérieur, lumière douce Néobanques

Que devient Tandem, la néobanque aux 2 500 cofondateurs ?

En 2017, cet article racontait une expérience singulière : Tandem, jeune pousse britannique fraîchement dotée d’une licence bancaire, développait ses produits avec 2 500 cofondateurs bénévoles, réunis en ateliers et en petits-déjeuners « Break it, Build it ». Neuf ans plus tard, Tandem existe toujours — mais la banque d’aujourd’hui ne ressemble en rien à celle que ses cofondateurs dessinaient. Cet article a été refait pour raconter la suite.

D’abord, survivre

L’histoire a failli s’arrêter tôt : la licence bancaire obtenue fin 2016 a été fragilisée dès 2017 quand un financement attendu s’est dérobé. Tandem a rebondi en rachetant Harrods Bank, la banque du grand magasin londonien — opération bouclée en janvier 2018 — récupérant au passage une licence pleine, un portefeuille de prêts immobiliers et des dépôts.

Ce rachat dit déjà tout du destin de Tandem : la banque ne s’est pas développée en séduisant le grand public avec une application, mais en achetant des activités de crédit.

Le pivot : la banque verte

Le tournant décisif date de 2020-2022 : Tandem a acquis un spécialiste du financement de la rénovation énergétique (Allium), puis, début 2022, le prêteur Oplo — l’acquisition qui a donné naissance à la Tandem actuelle, présentée comme une banque numérique dédiée aux choix financiers « plus justes et plus verts ».

La Tandem de 2026 est une banque de crédit spécialisée : prêts à la rénovation énergétique, financement de véhicules, prêts personnels et hypothèques, adossés à des comptes d’épargne rémunérés. Les chiffres vérifiés à la mi-août 2026 :

  • plus de 171 000 clients ;
  • une banque rentable — ce qui la place dans la minorité des néobanques ayant atteint l’équilibre ;
  • un encours de prêts verts de 572 millions de livres, en hausse de 9 %, soit 38 % du portefeuille de prêts ;
  • une gouvernance renouvelée, avec un nouveau président depuis mars 2026.

Pas d’offre en France : Tandem opère au Royaume-Uni uniquement, comme la plupart des banques britanniques depuis le Brexit.

Et la co-innovation, alors ?

C’est la question que pose la relecture de notre article de 2017. Les 2 500 cofondateurs, les ateliers, l’action symbolique offerte : cette méthode a réellement produit la première carte et la première application de Tandem. Mais elle n’a pas produit le modèle économique — celui-ci est venu des acquisitions et du crédit.

La co-innovation de 2017 relève, avec le recul, davantage du marketing de lancement que de la méthode industrielle : elle a créé une communauté et de la notoriété au moment où les néobanques se lançaient toutes en même temps. Les survivants de cette génération — Tandem, mais aussi Starling — ont un point commun plus prosaïque : ils ont trouvé un métier rentable (le crédit pour Tandem, le compte courant et le crédit pour Starling), quand d’autres s’épuisaient à monétiser des applications gratuites.

La leçon pour le lecteur français

Le détour par Tandem éclaire notre marché : une néobanque ne se juge ni à sa communauté, ni à son histoire de lancement, mais à la solidité de son modèle et de son agrément. C’est le fil conducteur de notre analyse des cas N26 et Nickel et, côté choix pratique, de notre comparatif des comptes sans banque — où figurent uniquement des acteurs opérant réellement en France.


Sources : rachat de Harrods Bank finalisé en janvier 2018 avec obtention de la licence bancaire (Finextra, Financial Reporter) ; acquisition d’Oplo début 2022 et positionnement de banque verte (Open Banking Expo, Tandem) ; situation vérifiée au 14 août 2026 : banque active et rentable, plus de 171 000 clients, prêts verts à 38 % de l’encours (572 M£, +9 %), changement de président en mars 2026. Consultées les 14 et 16 août 2026.