Comptes sans banque, cartes prépayées et néobanques
Deux chaises vides face à face de part et d'autre d'une petite table dans une pièce claire, lumière latérale douce Fintechs

Crédit peer-to-peer : de Dharma au crowdlending régulé

En 2017, cet article voyait dans le crédit peer-to-peer sur blockchain — et dans la start-up Dharma Labs — la « nouvelle innovation de la fintech ». Neuf ans plus tard, le destin des deux promesses diverge : la start-up a disparu, mais le prêt entre particuliers est devenu un secteur régulé et pesant. Cet article a été refait pour raconter les deux trajectoires.

Dharma : fin de partie en 2022

Dharma Labs, qui voulait permettre des prêts en crypto-actifs de pair à pair, a été rachetée par OpenSea (la place de marché de NFT) en janvier 2022, pour une somme estimée entre 110 et 130 millions de dollars — et son service a été fermé dans les trente jours, les utilisateurs étant invités à retirer leurs fonds. Ses fondateurs ont rejoint la direction technique de l’acquéreur. C’est un schéma classique du secteur : l’équipe valait plus que le produit.

Plus largement, le prêt en crypto-actifs a connu depuis 2022 la faillite de plusieurs plateformes centralisées de « rendement », et les protocoles décentralisés, toujours actifs, restent pour l’essentiel hors du périmètre du règlement européen MiCA — qui vise des prestataires identifiables. Pour un particulier français, ce n’est ni un placement protégé ni un crédit encadré : c’est une exposition au risque technologique et de contrepartie, sans recours organisé.

Le prêt participatif, lui, a grandi — et s’est encadré

Pendant ce temps, le crowdlending (prêt rémunéré à des entreprises ou des projets via une plateforme) a trouvé son cadre :

  • depuis novembre 2023, toute plateforme doit détenir l’agrément européen PSFP (prestataire de services de financement participatif, règlement (UE) 2020/1503), délivré en France par l’AMF ; les structures restées sous l’ancien statut ne peuvent plus proposer de prêts rémunérés ;
  • le marché français a dépassé 2 milliards d’euros de collecte annuelle en 2023 et 2024, dont près de 60 % pour l’immobilier.

Les règles qui vont avec : information sur les risques, plafonds et tests de connaissances pour les investisseurs non avertis, transparence sur les taux de défaut. Le prêt entre particuliers et entreprises est devenu un produit d’investissement réglementé — le contraire du Far West que décrivait l’article de 2017.

Ce que le lecteur doit retenir

  1. Prêter n’est pas épargner : même agréée, une plateforme de prêt participatif expose au défaut de l’emprunteur ; le capital n’est pas garanti ;
  2. l’agrément est le premier filtre : vérifiez le statut PSFP sur le registre de l’AMF avant tout versement — comme vous vérifieriez l’agrément d’un émetteur de compte (voir nos repères dans le comparatif des comptes sans banque) ;
  3. emprunter entre particuliers n’est pas une voie d’accès au crédit pour les personnes fichées : pour ces situations, le microcrédit accompagné reste la solution encadrée — voir crédit avec son compte sans banque.

Sources : acquisition de Dharma Labs par OpenSea (janvier 2022, 110 à 130 M$ estimés) et fermeture du service sous trente jours — Cointelegraph, CoinMarketCap, Blockchain Council, OpenSea ; obligation d’agrément PSFP depuis novembre 2023 (règlement (UE) 2020/1503, AMF) et marché français supérieur à 2 Md€ de collecte annuelle en 2023-2024 (≈60 % immobilier) — Finance Héros, Financement Participatif France, Conseil Investissement ; périmètre MiCA (journal du site, lot 6b). Consultées le 23 août 2026.