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Que devient Saxo Bank ? Le pari de l'ouverture, dix ans après

En 2017, cet article décrivait le pari de Saxo Bank : utiliser l’open banking — une architecture ouverte, connectable par API — pour se diversifier au-delà de sa clientèle de traders actifs. Neuf ans plus tard, la banque danoise existe toujours, son pari technologique s’est banalisé… et c’est son actionnariat qui a fait l’actualité. Cet article a été refait.

Le fait nouveau : Saxo change de mains

Le groupe suisse de banque privée J. Safra Sarasin a finalisé le 2 mars 2026 l’acquisition de 71 % de Saxo Bank, pour une opération valorisée autour de 1,1 milliard d’euros. Les parts rachetées étaient notamment détenues par Geely (le constructeur automobile chinois dont l’entrée au capital, déjà mentionnée dans notre article de 2017, s’achève ainsi) et par Mandatum. Daniel Belfer a été nommé directeur général ; le fondateur Kim Fournais préside désormais le conseil d’administration.

Saxo revendiquait environ 1,5 million de clients en 2025 — loin des quelques centaines de milliers de traders de l’époque de l’article : la diversification voulue en 2017 a bien eu lieu.

Le pari de 2017, revisité

L’idée d’alors — devenir la plateforme que d’autres connectent — portait un nom qui n’existait pas encore dans le grand public : la banque en tant que service (BaaS). Sur ce point, l’histoire a donné raison à Saxo, et pas qu’à elle :

  • fournir sa technologie et sa licence à des tiers est devenu un métier à part entière — au Royaume-Uni, Starling en a fait un axe stratégique avec sa plateforme Engine (voir la banque invisible) ;
  • l’ouverture par API, exotique en 2017, est devenue une obligation réglementaire avec la DSP2, bientôt renforcée par la DSP3 (voir notre point complet) ;
  • la leçon d’affaires a tenu : l’ouverture n’était pas qu’une contrainte technique, c’était un levier de croissance — exactement la thèse de l’article d’origine.

Ce que le rachat dit du secteur

Le passage de Saxo sous pavillon d’une banque privée suisse illustre une tendance que ce site documente sur tout le spectre : la consolidation. Les plateformes nées dans les années 1990-2010 trouvent des adosseurs, les capitaux industriels (Geely) cèdent la place aux acteurs du métier, et la rentabilité prime sur la conquête. Le mouvement est le même chez les néobanques grand public — voir qui a survécu de la génération 2016.

Pour l’épargnant français, Saxo reste un courtier en ligne parmi les acteurs établis du marché ; le changement d’actionnaire ne modifie pas, à lui seul, les conditions des comptes. Comme toujours : les conditions tarifaires en vigueur sont celles de la grille officielle de l’établissement.


Sources : finalisation de l’acquisition de 71 % de Saxo Bank par J. Safra Sarasin le 2 mars 2026 (opération d’environ 1,1 Md€, parts cédées par Geely et Mandatum, nomination de Daniel Belfer, Kim Fournais président du conseil) — communiqués J. Safra Sarasin et Saxo, Fintech Futures, Finance Magnates ; environ 1,5 million de clients en 2025 — Finance Magnates ; contexte open banking et BaaS — journal du site (lot 3) et articles liés. Consultées le 20 août 2026.