Comptes sans banque, cartes prépayées et néobanques
Main approchant un smartphone d'un petit terminal de paiement sur un comptoir de marché, arrière-plan flou de halle alimentaire Paiement & banque

Payer et encaisser en NFC avec un téléphone : où en est-on ?

En 2017, cet article s’enthousiasmait pour un test mené à Londres : la première interface d’encaissement NFC entièrement logicielle, destinée aux petits commerçants. L’intuition était bonne — mais l’histoire est allée bien plus loin que la start-up citée. En 2026, le téléphone est devenu à la fois la carte et le terminal. Cet article a été refait pour décrire ce paysage.

Côté client : la carte est dans le téléphone

Le NFC (communication en champ proche, quelques centimètres de portée) est aujourd’hui le standard du paiement de proximité :

  • 65 % des Français utilisent le paiement mobile sans contact — la carte est enregistrée dans un portefeuille mobile et le téléphone (ou la montre) la présente au terminal ;
  • sur les cartes physiques, le plafond sans contact est de 50 € par opération ; au-delà, le « Sans Contact Plus » permet de payer sans insérer la carte, avec saisie du code — 42 % des terminaux en étaient équipés à la mi-2025 ;
  • via le téléphone, il n’y a pas de plafond réglementaire propre au sans contact : l’authentification (biométrie, code de l’appareil) sécurise chaque paiement, conformément à la DSP2.

Côté commerçant : le terminal aussi est devenu logiciel

C’est la partie que le test londonien de 2017 préfigurait. L’encaissement par téléphone — présenter la carte du client directement sur le smartphone du commerçant, sans boîtier — s’est généralisé chez les vendeurs ambulants, artisans et petits commerces. Le verrou qui bloquait la start-up de 2017 (la saisie du code sur un écran de téléphone, longtemps refusée par les organismes de standardisation) a sauté avec les générations suivantes de normes de sécurité : la saisie du PIN sur l’écran du marchand est désormais encadrée et certifiée.

Pour un indépendant, l’équipement d’encaissement peut donc se réduire à l’appareil qu’il possède déjà — un poste de coût en moins, à comparer aux offres de terminaux classiques (voir notre article sur la banque des professionnels).

La prochaine étape : le NFC sans les réseaux de cartes

Jusqu’ici, tout ce NFC transporte des cartes — les réseaux Visa, Mastercard ou CB restent au cœur de chaque transaction. La nouveauté attendue à l’automne 2026 : Wero, le portefeuille des banques européennes, doit lancer son paiement NFC en magasin de compte à compte, sans réseau de carte, avec une commission réduite pour le commerçant. Si l’usage suit, ce sera la première fois que le geste sans contact ne cache pas une carte.

Ce qu’il faut retenir

Le NFC a gagné sur toute la ligne, mais il reste un canal, pas un moyen de paiement : derrière le geste, il y a presque toujours une carte — celle de votre banque, de votre néobanque ou de votre compte sans banque. Les vraies questions restent le coût de cette carte (comparatif des tarifs) et la sécurité des usages sans contact (notre dossier).


Sources : adoption du paiement mobile sans contact (65 % des Français) et équipement Sans Contact Plus (42 % des terminaux à la mi-2025) — Mobile Transaction France, MoneyVox, Selectra ; plafond de 50 € par opération sans contact carte (MoneyVox) ; calendrier Wero (paiement NFC en magasin attendu à l’automne 2026, commission réduite) — MoneyVox, Pricebank ; cadre d’authentification forte DSP2 (journal du site, lots 1-3). Consultées le 20 août 2026.