Comptes sans banque, cartes prépayées et néobanques
Taux de l'épargne réglementée au 1er août 2026 : LEP 2,50 %, Livret A et LDDS 1,70 %, CEL 1,25 % Paiement & banque

Quels comptes rapportent le plus ? Les taux au 1er août 2026

Commençons par la réponse la plus utile : un compte courant ne rapporte rien. En France, la rémunération des dépôts à vue est possible depuis 2005 mais quasiment personne ne la pratique. L’argent qui dort sur un compte courant perd de la valeur chaque année, silencieusement. La question n’est donc pas « quel compte rapporte », mais « quel livret, dans quel ordre ».

Les taux en vigueur au 1er août 2026

Les taux de l’épargne réglementée ont été révisés au 1er août 2026 :

ProduitTaux au 1er août 2026Plafond de versementsFiscalité
LEP (Livret d’épargne populaire)2,50 %10 000 €Exonéré
Livret A1,70 %22 950 €Exonéré
LDDS1,70 %12 000 €Exonéré
CEL (Compte épargne logement)1,25 %Imposable (à 30 %, voir ci-dessous)
Compte sur livret (CSL)Libre, fixé par la banqueLibreImposable

Le plafond porte sur les versements, pas sur le solde : les intérêts capitalisés peuvent légalement porter le compte au-delà, sans pénalité.

L’ordre dans lequel remplir ses livrets

C’est là que se joue l’essentiel, et la règle est simple.

1. Le LEP d’abord, si vous y avez droit

À 2,50 %, il rapporte nettement plus que tous les autres livrets réglementés, pour un plafond de 10 000 €. Il est soumis à condition de revenus : votre revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser un seuil révisé chaque année (de l’ordre de 23 000 € pour une personne seule en 2026 ; le barème exact et le nombre de parts figurent sur service-public.fr).

Des millions de foyers y sont éligibles sans le savoir. Si vous n’êtes pas certain, demandez à votre banque de vérifier : elle peut interroger l’administration fiscale directement. C’est le geste au meilleur rendement de cette liste.

2. Le Livret A et le LDDS ensuite

1,70 %, exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, disponibles à tout moment, garantis par l’État. C’est l’épargne de précaution par défaut : celle qui doit couvrir trois à six mois de dépenses courantes et rester immédiatement mobilisable.

Le LDDS fonctionne exactement comme le Livret A, avec un plafond plus bas. Les deux se cumulent.

3. Le reste seulement après

Compte sur livret, CEL, livrets bancaires « boostés » : ils viennent après, parce qu’ils sont fiscalisés.

Pourquoi 3 % imposé ne vaut pas 1,70 % exonéré

C’est le piège classique des offres promotionnelles.

Les intérêts d’un compte sur livret ordinaire sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux). Un taux affiché de 3 % ne laisse donc que 2,06 % net. Un Livret A à 1,70 % exonéré ne laisse pas 1,70 % : il laisse 1,70 %.

Ce taux a changé au 1er janvier 2026 : le PFU est passé de 30 % à 31,4 %, la CSG sur les revenus du capital ayant été portée de 9,2 % à 10,6 %. Quelques produits échappent à la hausse et conservent 17,2 % de prélèvements sociaux — donc 30 % au total : l’assurance-vie, le PEL et le CEL. Le compte sur livret ordinaire, lui, est bien au taux plein.

Et les taux « boostés » à 3 ou 4 % sont presque toujours des taux promotionnels de durée limitée — deux ou trois mois — sur un montant plafonné, après quoi le compte retombe à un taux de base souvent inférieur à celui du Livret A. Le rendement annuel réel n’a rien à voir avec le chiffre de la publicité.

La règle pratique : pour battre le Livret A à 1,70 % net, un livret fiscalisé doit afficher plus de 2,48 % brut — et le tenir toute l’année.

Où le compte sur livret garde un intérêt

Deux cas seulement, et ils sont réels :

  • quand vos livrets réglementés sont pleins — 22 950 € sur le Livret A et 12 000 € sur le LDDS font 34 950 € : au-delà, le CSL redevient une option de liquidité ;
  • quand vous avez besoin d’un compartiment supplémentaire : le nombre de comptes sur livret n’est pas limité, contrairement au Livret A (un seul par personne).

Voir notre article dédié : c’est quoi un compte livret CSL.

Et si vous n’avez pas de banque classique ?

Les comptes sans banque et cartes prépayées ne proposent pas de livret : ce sont des comptes de paiement, pas des comptes d’épargne. Leur rôle est de gérer les dépenses courantes, pas de faire fructifier un capital.

Ce n’est pas un obstacle. Le Livret A et le LDDS s’ouvrent dans n’importe quel établissement bancaire, indépendamment de l’endroit où vous tenez votre compte courant. Une organisation courante consiste à tenir les dépenses du mois sur un compte sans banque — budget plafonné, découvert impossible — et l’épargne sur un Livret A ouvert ailleurs, alimenté par virement. Voir gérer son budget avec un compte sans banque.

Ce que nous ne vous dirons pas

Nous ne recommandons pas de placement en fonction de votre situation personnelle : ce n’est pas le rôle de ce site, et cela relève du conseil réglementé. Les taux ci-dessus sont ceux de l’épargne réglementée, fixés par l’État et identiques dans tous les établissements. Pour les livrets bancaires non réglementés, seule la fiche tarifaire de la banque fait foi.


Sources : taux de l’épargne réglementée en vigueur au 1er août 2026 (Livret A et LDDS 1,70 %, LEP 2,50 %, CEL 1,25 %), publiés au Journal officiel et repris par info.gouv.fr et le ministère de l’Économie ; plafonds de versements et conditions d’éligibilité du LEP : service-public.fr ; prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % sur les livrets fiscalisés (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026).