Comptes sans banque, cartes prépayées et néobanques
Bureau d'indépendant avec ordinateur portable, petit terminal de carte éteint et tasse de café, lumière du matin Cartes prépayées

Anytime : la carte prépayée grand public devenue banque des pros

En 2017, cet article saluait le succès d’Anytime, carte prépayée née en Belgique qui rivalisait avec le Compte Nickel sur le terrain grand public. L’entreprise existe toujours et se porte bien — mais le produit décrit ici a disparu : Anytime ne s’adresse plus aux particuliers depuis des années. Cet article a été refait pour raconter ce pivot, exemplaire de l’évolution du secteur.

Le pivot : du grand public aux professionnels

L’Anytime de 2017 proposait carte prépayée, version « argent de poche » pour les mineurs et options business. C’est cette dernière branche qui a gagné : Anytime s’est recentrée sur les professionnels — indépendants, freelances, TPE, associations — et a abandonné l’offre grand public.

Aujourd’hui, Anytime est un compte professionnel par abonnement (à partir de l’offre Solo, en formules croissantes selon le nombre de cartes et de virements), avec gestion des notes de frais, outils comptables et dépôt de capital pour la création d’entreprise. L’application riche que notre article de 2017 vantait est devenue le cœur d’un produit de gestion, plus qu’un moyen de paiement.

Trois propriétaires en cinq ans

Le parcours capitalistique d’Anytime résume à lui seul la consolidation de la fintech française :

  1. 2021 : rachat par Orange Bank, qui cherchait une offre professionnelle pour compléter sa banque mobile ;
  2. 2023-2024 : Orange sort de la banque et démantèle Orange Bank — l’aventure bancaire de l’opérateur s’arrête, Anytime devient un actif à céder ;
  3. 2025-2026 : cession au Crédit Coopératif (groupe BPCE) : protocole d’accord signé en 2025, opération finalisée début 2026. La banque coopérative y voit un moyen de renforcer sa position historique auprès des associations, avec une offre 100 % numérique.

Anytime revendiquait environ 100 000 clients en 2024. La marque a donc trouvé un actionnaire durable et un ancrage stratégique clair — un sort plus enviable que celui de sa maison mère précédente.

Ce qu’il faut en retenir côté particulier

Si vous cherchez aujourd’hui ce qu’Anytime proposait en 2017 — une carte avec IBAN, ouverte à tous, pilotée par application — le marché a largement pris le relais : voir notre comparatif des comptes sans banque et le panorama des cartes prépayées. La fiche Anytime de nos pages produits retrace l’offre pour mémoire.

Si vous êtes indépendant ou responsable associatif, Anytime fait en revanche partie des offres à examiner, aux côtés des acteurs cités dans notre article sur la banque des professionnels.

La leçon d’un pivot réussi

Notre article de 2017 concluait qu’Anytime « dessinait les contours de la banque de demain ». C’était vrai, mais pas comme nous l’imaginions : la banque de demain d’Anytime n’a pas été la carte grand public — un marché à faibles marges, trusté par Nickel et les grandes néobanques — mais le compte pro en abonnement, où le client paie un service complet. La moitié des acteurs de la fintech française a suivi le même chemin.


Sources : recentrage d’Anytime sur la clientèle professionnelle et rachat par Orange Bank en 2021 (Compte-Pro, France Transactions, Connect Banque) ; cession par Orange au Crédit Coopératif — protocole d’accord annoncé en 2025, finalisation début 2026, environ 100 000 clients en 2024 (communiqués Orange et Crédit Coopératif, MoneyVox) ; offres et tarifs professionnels actuels (formules par abonnement à partir de l’offre Solo) — grille officielle anytime.fr, seule référence à jour. Consultées le 16 août 2026.