Paiement & banque Banques et fintechs : de l'alliance annoncée aux rachats réels
En 2017, cet article prédisait une « alliance des banques et des fintechs » face aux GAFA. La prédiction s’est réalisée — mais pas sous la forme d’alliances : sous la forme de rachats. Neuf ans plus tard, l’essentiel de la fintech française des années 2015 appartient à des groupes bancaires. Cet article a été refait pour dresser cette carte.
Ce que sont devenues les fintechs de l’époque
Le tableau, sur les seuls acteurs que ce site suit et a vérifiés :
- Nickel, le pionnier du compte sans banque au tabac → racheté par BNP Paribas dès 2017, devenu l’une des offres les plus distribuées de France ;
- Anytime, la carte prépayée devenue compte pro → passée par Orange Bank, puis cédée au Crédit Coopératif (groupe BPCE) début 2026 ;
- Sumeria (ex-Lydia), le paiement entre amis devenu compte → resté sans adosseur bancaire, mais devenu un établissement régulé classique ;
- les acteurs qui n’ont pas trouvé d’adosseur ou de modèle ont fermé — Orange Bank et C-Zam en tête.
Côté banques, le mouvement inverse a eu lieu : plutôt que d’incuber, elles ont construit ou relancé leurs propres marques — Eko au Crédit Agricole, BforBank recapitalisée par le même groupe, Hello bank! chez BNP Paribas.
Pourquoi le rachat a remplacé l’alliance
L’article de 2017 voyait juste sur la motivation — la donnée et l’expérience client — mais sous-estimait un paramètre : le coût de la conformité. Agrément, lutte anti-blanchiment, exigences de capital : à mesure que la réglementation s’est durcie (DSP2, puis le cadre crypto MiCA), l’adossement à un groupe bancaire est devenu pour beaucoup de fintechs la seule voie de survie. La « collaboration » s’est faite par absorption.
Et les GAFA, épouvantail de 2017 ? Ils n’ont pas pris la banque — le bilan détaillé est dans notre article dédié. La vraie concurrence est venue d’ailleurs : des néobanques devenues grandes.
L’exception qui confirme la règle : ceux qui sont devenus banques
Une poignée d’acteurs a survécu sans se vendre — en devenant précisément ce qu’ils voulaient disrupter. Revolut, désormais bénéficiaire et fort de plus de 68 millions de clients, a obtenu le 10 août 2026 sa licence bancaire française, avec un futur siège ouest-européen à Paris. N26 opère comme banque allemande de plein exercice. Au Royaume-Uni, Starling aligne cinq exercices consécutifs de rentabilité. Le récit complet est dans la génération 2016 des banques digitales.
La leçon pour le lecteur
La question de 2017 — banques ou fintechs ? — n’a plus de sens : les survivants des deux camps se ressemblent. Ce qui compte pour choisir un compte n’a pas changé : l’agrément, la grille tarifaire, et l’adéquation à votre usage — les critères de notre comparatif des comptes sans banque.
Sources : rachat de Nickel par BNP Paribas (2017) et cession d’Anytime au Crédit Coopératif début 2026 (journal du site, lots 1 et 6c) ; recapitalisation de BforBank par le Crédit Agricole et statut de Sumeria (journal, lots 1 et 6c) ; licence bancaire française de Revolut obtenue le 10 août 2026, plus de 68 millions de clients et bénéfice 2025 en forte hausse — ABC Bourse, France Transactions, Euronews ; cinq exercices de rentabilité de Starling (exercice clos mars 2026) — communiqué Starling. Consultées le 20 août 2026.