Néobanques : qui reste, qui a fermé, et pourquoi
Le marché français des néobanques a connu sa phase de sélection. Le résultat, en 2026, est un paysage bien plus lisible qu’il y a cinq ans — et riche d’enseignements pour qui doit choisir un compte.
Ceux qui sont installés
- BoursoBank — l’offre bancaire la plus complète du segment en ligne, adossée à un grand groupe ;
- Nickel — l’inclusion et le réseau physique : environ 4 millions de clients, distribution chez plus de 8 000 points Nickel, filiale de BNP Paribas ;
- Revolut — licence bancaire européenne, plusieurs millions de clients en France, IBAN français désormais généralisé ;
- N26 — banque allemande, plus de 3 millions de clients en France, IBAN français ;
- Sumeria (ex-Lydia) — établissement français, positionné sur le paiement du quotidien ;
- Qonto — le compte professionnel.
Ceux qui ont fermé
Orange Bank, Ma French Bank, C-zam (Carrefour), Morning, Soon (Axa), Ditto Bank, OnlyOne. Le point commun est frappant : plusieurs étaient adossées à de très grands groupes. Le capital ne suffit donc pas.
Les trois facteurs qui font la différence
1. Le statut. Une licence bancaire permet de prêter et de tirer un revenu des dépôts. Sans elle, le modèle repose sur l’interchange et les abonnements — beaucoup plus difficile à rentabiliser. C’est ce qui explique la réussite de Starling Bank au Royaume-Uni.
2. Une proposition distincte. Nickel a le réseau physique et le dépôt d’espèces ; Qonto a les professionnels ; Revolut a l’international et le change. Les offres fermées avaient souvent en commun de ne rien proposer que la maison mère ne faisait déjà.
3. La rentabilité par client. Le nombre de comptes ouverts ne veut rien dire : ce qui compte est la part de clients qui domicilient réellement leurs revenus. Un compte gratuit peu utilisé coûte de l’argent à son émetteur — d’où l’apparition de frais d’inactivité sur certaines offres gratuites.
Ce que ça implique pour vous
Choisir un compte, c’est aussi parier sur sa pérennité. Trois vérifications simples avant d’ouvrir :
- Le statut de l’établissement (banque agréée ou établissement de paiement/monnaie électronique) et son régulateur ;
- Le modèle de revenus : où l’offre gagne-t-elle sa vie si le compte est gratuit ? Frais d’inactivité, change, abonnement ?
- La portabilité : en cas de fermeture, la mobilité bancaire permet de basculer prélèvements et virements sans tout refaire à la main.
Rassurez-vous sur un point : lors des fermetures récentes, les clients ont été prévenus et ont récupéré leurs fonds — les régimes de protection (garantie des dépôts pour les banques, cantonnement des fonds pour les établissements de paiement) ont fonctionné.
Les offres réellement disponibles aujourd’hui sont détaillées dans notre comparatif des comptes sans banque.