Compte sans banque ING a suivi le mouvement du compte sans banque… puis a quitté la France
En 2017, cet article saluait la stratégie d’ING : la banque néerlandaise voulait, à l’image des comptes sans banque et des néobanques, devenir une plateforme ouverte de services financiers, en s’inspirant des super-apps asiatiques. Neuf ans plus tard, la conclusion française de cette ambition tient en une date : en 2022, ING a fermé sa banque de détail en France. Cet article a été refait pour raconter ce qui s’est passé, et ce qu’on en retient.
Les faits : la sortie de France
Le 5 avril 2022, ING et Boursorama ont annoncé un accord : ING arrêtait son activité de banque de détail en France d’ici la fin de l’année, et Boursorama reprenait sa base de clients avec un parcours d’ouverture simplifié, des primes de bienvenue et un accompagnement dédié. Au total, 315 000 clients éligibles ont transféré leurs avoirs ; les contrats d’assurance-vie ont suivi à l’été 2022, et les titres via le service de mobilité bourse.
Pour une banque qui avait été l’un des pionniers de la banque en ligne en France, c’est une fin sans éclat : ni faillite ni scandale — un choix de recentrage d’un groupe qui a jugé le marché français trop coûteux à conquérir face aux acteurs installés et aux néobanques.
Pourquoi la stratégie de 2017 n’a pas suffi
L’article d’origine avait raison sur le diagnostic : le modèle historique de la banque qui vend ses propres produits était menacé par les plateformes ouvertes. Mais deux choses ont manqué à ING en France :
- l’échelle locale : devenir une plateforme suppose une base de clients massive sur chaque marché ; en France, ING restait un acteur moyen, pris en tenaille entre les banques en ligne des grands groupes (Boursorama, Hello bank!) et les néobanques gratuites ;
- la rentabilité d’abord : à partir de 2021-2022, la priorité des groupes bancaires est redevenue la rentabilité par pays — et la France d’ING ne passait pas le filtre. Le même réflexe a emporté, dans d’autres registres, Orange Bank ou BBVA dans la banque de détail française (voir que reste-t-il du pionnier BBVA).
Aux Pays-Bas, en Allemagne et sur ses autres marchés domestiques, ING reste une grande banque — la plateforme imaginée en 2017 s’y construit, mais à domicile.
La leçon pour le lecteur
L’épisode ING illustre une règle que ce site répète : la solidité d’une marque bancaire ne garantit pas sa présence durable sur votre marché. Un groupe international peut décider de quitter la France sans que le service local soit en cause. Trois réflexes en découlent :
- privilégier des comptes faciles à ouvrir et à fermer, sans frais de sortie — c’est l’un des atouts structurels des comptes sans banque ;
- garder un compte de secours pour ne pas dépendre d’un seul établissement ;
- suivre la mobilité bancaire, gratuite et encadrée, qui rend ces transitions beaucoup moins pénibles qu’en 2017.
Le « mouvement lancé par le compte sans banque » a bien eu lieu. ING l’a suivi — ailleurs.
Sources : accord ING–Boursorama du 5 avril 2022, arrêt de la banque de détail d’ING en France fin 2022, 315 000 clients transférés, transfert des contrats d’assurance-vie à l’été 2022 — MoneyVox, Journal du Geek, communiqué Boursorama, France Transactions ; retraits comparables (Orange Bank, BBVA France) — journal du site, lots 6c et 7. Consultées le 23 août 2026.